Pour étayer ce concept qui pourrait paraître insolite à plus d’un botaniste, nous allons nous pencher un peu sur les comportements de cet étrange végétal qui ne fait rien comme les autres.
Tout d’abord nous pouvons observer que le Gui fonctionne totalement à contre rythme. A l’inverse de la plupart des plantes, les forces de l’été n’ont pas de pouvoir sur ses fruits, c’est le gel de l’hiver qui va nourrir sa fructification (baies à maturité au moment du solstice) et sa floraison (février). La famille du Gui est répandue sur toute la terre. On trouve dans l’hémisphère sud, en Australie et en Nouvelle Zélande, le Viscum Rorthalsella. L’Afrique du Sud, l’Amérique du Sud accueillent aussi d’autres petits cousins et chose curieuse, tous fleurissent et fructifient au même moment. La différence est que pour les uns, c’est l’été et pour les autres, c’est l’hiver. Subissant l’action de forces différentes ils semblent tous unis par une mémoire ancestrale. Par contre l’efficacité thérapeutique du Viscum album ne se retrouvera pas chez les Guis de l’hémisphère sud.
Autre fait singulier chez le Gui, il ne change pas d’apparence. Mis à part la formation des fleurs et des baies, le Gui ne jaunit pas, ne flétrit pas, ne fane pas. Tout au long de l’année il verdoie dans toutes ses parties, de ce vert doré qui lui est propre. Le temps parait glisser sur lui, il reste étranger au rythme des saisons. Il perd bien ses feuilles tous les deux ans mais encore, feuille par feuille, si bien que cela ne se voit même pas...
Les processus morbides ne semblent pas avoir d’effet sur lui. N’oublions pas que dans l’Ancienne Lune, la vie se développait de façon entièrement fluide, donc plus vivante. La mort et la substance morte n’apparaissent qu’avec la densification terrestre. En se matérialisant la vie s’est incorporée des forces de mort. Le Gui a si peu d’affinité avec les processus de densification qu’il ne parvient pas, même à un âge avancé, à se lignifier. On observera tout juste un épaississement de ses tissus à la base, là où il « s’enracine ».
On remarquera également que pour se distinguer des autres végétaux, le Gui échappe totalement à la pesanteur terrestre qui règne sur le monde végétal. Pour le Gui, excentrique au possible, ces notions de haut et de bas n’ont aucun sens. Hors la loi des énergies terrestres, il peut pousser à l’horizontal si la graine s’est fixée sur le côté de l’arbre ou bien alors la tête en bas si la graine a germé au-dessous de la branche.
De sa nature « extra-terrestre » il faudra également retenir sa physionomie de plantule, comme arrêtée à un stade immature. Chez les plantes ordinaires, la plantule est le point de départ du végétal proprement dit. Embryon formé de deux feuilles indifférenciées appelées cotylédons, il dépend encore pour sa survie des éléments nutritifs contenus dans la graine. Ensuite le végétal quitte cet état de plantule une fois qu’il s’est lié aux substances minérales terrestres. A partir de ce moment il devient une plante à part entière, autonome, adulte manifestant ses caractères spécifiques, reflets des forces terrestres et cosmiques. Chez le Gui cette insertion dans le terrestre n’a jamais lieu aussi la forme de plantule se répète t-elle à l’infini. D’une certaine façon, le Gui demeure sa vie durant un embryon.